BASTIA-LYON

Publié le par MYMY DU WEB

VOL AU DESSUS D'UN NID DE NUAGES

Vendredi 14h30. Pluie battante à l'extérieur de l'avion. Je suis au 4ème rang à l'avant de cet avion à hélices. Tout est gris, sauf les sièges, d'un bleu azur sentant le neuf. Dans quelques instants il m'emportera vers l'aéroport Saint Exupéry de Lyon. Là-bas, en cet hiver froid m'attendent mon grand...sa femme et toute leur petite famille.

Notre hôtesse qui a oublié son sourire dans l'aérogare de Bastia passe et repasse dans l'allée centrale : elle traque les ceinture de sécurité non attachées. Le Commandant Grimaldi est aux commandes.... on fait confiance, car nous ne l'avons pas vu....  Il fait une chaleur !  J'ouvre la petite commande d'air placée au dessus de ma tête...

Les pâles des hélices juste à ma droite, noires aux bouts jaunes me menacent ! Si elles se détachent : je serai réduite en rondelles comme un saucisson. Du coup, je donnerai à manger aux poissons de la méditerannée que nous allons survoler durant de longues minutes.

Les moteurs démarrent. Je ne vois plus les pâles de l'hélice, mais un halo. Je vais devoir arrêter d'écrire, car les secousses du roulage sur la piste avant le décollage ne donnent rien de bon sur ma feuille. Notre hôtesse est sagement assise et nous fait face toujours en l'absence de son sourire.

Il pleut sur le hublot.... et maintenant les traces d'eau ne peuvent résister à la vitesse. Au loin, 4 petites lumières sur la piste guident le commandant Grimaldi. Poretta devient tout petit. On nous annonce 2° à Lyon, mais dans cette cabine, nous avons 28° au moins ! Sous les ailes de l'avion le paysage défile avec 10°.... L'étang de Biguglia est sous la carlingue, vert, liquide. Les champs recouverts d'eau. Il a beaucoup plu : tout n'est que liquide !

Soudain, un nuage vient contrarier la vue, furtivement. Puis, deux, puis trois, pour ensuite nous envelopper d'une masse cotonneuse blanche. Ma copine l'hélice est devenue visible. Ses extrêmités jaunes apparaissent floues au bout d'un étrange cercle noir formant un plus grand cercle prenant ainsi la silhouette d'une cible ! J'ai toujours très chaud ! Je ne peux plus enlever de vêtements au risque de paraitre impudique, quand même ! La jeune maman à mes côtés surveille ses enfants qui lisent des bandes dessinées.  Maintenant c'est le soleil qui vient nous accompagner. nous sommes au dessus des nuages. Situation qui empêche de voir le paysage défiler sous l'appareil ! Tant pis ! ce sera pour une autre fois...

Voilà, que "tous sourires" nous propose une collation. Pour moi se sera un café ! Beurk.....Je n'ai pas fait un bon choix celui-ci est infecte  et déjà je regrette et  rêve de celui que ma cafetière me concocte aux Collines. Je me replonge dans la lecture de mon livre "L'Africain" de JMG Le Clézio.

Je ressens un grand bonheur de partir vers des êtres chers à mon coeur, mais je suis triste d'avoir laissé derrière moi ceux qui forment ma vie, émoustillent ma passion. C'est à eux que je dois ma force, mon bonheur, ma pêche de vivre ! Pourquoi, la vie me sépare de tous ces êtres ? L'idéal serait de les avoir tous autour de moi....   Je suis égoïste d'avoir ses pensées ! Reprends-toi ma vieille !

Je n'en peux plus, j'ai très chaud. Ce qui me rassure.... si l'on veut.... c'est de voir les mines de mes voisins rougies comme des écrevisses, des tomates d'été.... La descente va être terrible ! le contraste dur ! Oh ! Grimaldi baisse le chauffage ! s'il te plait !

D'habitude j'ai froid durant mes voyages..... je me souviendrai de celui-là !

à ++++   MYMY DU WEB

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Publié dans TOURISME

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